Je ne connais pas Steve M. Smith*, co-auteur de The Creative cognition approach. J'ai seulement entendu la conférence qu'il a donnée dans le cadre du colloque sur la créativité organisé par Créa-Université.
Il nous a parlé du blocage. Vous savez ? Lorsque vous cherchez une solution, une idée, et que rien ne vient. Comme il est chercheur, il émet des hypothèses. Dans ce cas : nous avons des hypothèses implicites (implicit assumptions) et fausses, qui viennent de façon inconsciente bloquer notre processus créatif.
Pour restaurer la fluidité des connexions neuronales, dit-il, "take a break", hors de votre lieu de travail. Cette phase d'incubation va permettre de débloquer la situation et les "insights" suivent.
Cette théorie m'inspire plusieurs réflexions et questions :
• d'abord dissocier blocage et incubation. Quand Archimède prend son bain, ou quand Newton s'endort sous son pommier, ce n'est pas obligatoirement parce qu'ils étaient "bloqués" dans leur recherche (personne n'était là pour en témoigner). Il est possible que justement, ils aient été dans cette phase d'incubation : ce temps plus ou moins long où l'on accepte de se laisser questionner... Ce n'est pas parce que l'on ne sait pas, qu'on n'a pas encore la réponse, que l'on est bloqué. Evidemment, cela ne plaît pas à notre "cerveau gauche" qui adore mettre tout dans des cases, avec des étiquettes...
• et maintenant les blocages : s'il s'agit, comme je le pense aussi, d''hypothèses, croyances, apriori, peurs, jugements implicites, et souvent insconscients, ou pas consciemment reliés à la tâche en cours, je trouve beaucoup plus intéressant... d'enquêter. Quel frein ou quel obstacle j'ai, ou s'est, installé à mon insu ? Avantages de cette approche ? 1- J'élargis mon espace de liberté (un frein repéré est nettement moins puissant). 2- Je ne me traite pas comme un objet avec mode d'emploi : a) je bloque, b) je sors faire un tour, c) les idées viennent.
• évidemment le break... parce que bien sûr les temps de maturation sont nécessaires. Et quelle différence entre le moment fixé sur la question et le break ? C'est que, dans la fixation, on finit vite par se résumer à son mental, et plus particulièrement à son "cerveau gauche". Le break réintroduit le physiologique, sensoriel, spirituel, émotionnel, psychologique, bref, toutes nos dimensions. Et les idées ont besoin de l'entier de nous pour surgir...
* un peu plus d'infos sur Steve Smith en allant sur la page intervenants de Crea-Université, et en prenant le temps de dérouler la page jusqu'en bas !